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LES JETS DANS L'AERONAVALE

   L'idée de faire décoller des avions depuis le pont d'un navire remonte à la Première Guerre mondiale. La nécessité de soutenir les troupes au sol et d'infliger à l'ennemi de lourdes pertes depuis son propre sol depuis une base mobile allait se développer pendant l'entre-deux guerres. Le Général Mitchell fut l'un des premiers à réaliser dans les années 20 qu'un avion pouvait avec succès attaquer un navire de guerre, mais ce sont les Japonais qui, les premiers, utilisèrent victorieusement les porte-avions lors de l'attaque sur Pearl Harbour le 7 décembre 1941. Les batailles de Midway et de la Mer de Corail ont ensuite démontré l'importance stratégique de l'aviation embarquée, en ce sens que les porte-avions de l'US Navy ont permis en premier lieu de stopper l'avancée des Japonais, puis de commencer à les repousser vers leur propre pays.

   Les Français en Indochine, puis les Américains en Corée et au Vietnam et, plus près de nous, les Britanniques aux Malouines et les Alliés dans le Golfe Persique, en ex-Yougoslavie et en Afghanistan, ont utilisé abondamment l'énorme puissance apportée par les porte-avions et les divers armements qu'ils transportent sur toutes les mers du globe.

    Après le deuxième Guerre Mondiale, les Etats-Unis ont considérablement réduit leur budget militaire, surtout celui de la Marine. La nécessité de construire de nouveaux porte-avions n'est plus à l'ordre du jour, et beaucoup des vétérans de la Guerre du Pacifique sont mis sous cocon, ou plus simplement ferraillés. Malgré le combat mené par l'Amiral James Forrestal, il est même sérieusement envisagé par l'administration Eisenhower d'unifier la composante aérienne de l'US Navy avec l'US Air Force.

USS Valley Forge (CV 45)

   Malgré tout, l'US Navy entre doucement dans l'ère du Jet, avec la mise en service des premiers Jets embarqués, les North American FJ-1 "Fury" en 1948, Chance Vought F6U "Pirate" et F7U "Cutlass" et le McDonnell FH-1 "Phantom".

   Ces appareils ne sont restés que très peu de temps en service car, comme tous les premiers Jets, ils souffraient de médiocres performances à l'appontage et au décollage, d'un manque de puissance, d'une consommation excessive de carburant qui limitaient leurs capacités opérationnelles et d'une aérodynamique très aléatoire. Ils ont été très vite reversés dans la réserve de l'US Navy, au sein de laquelle ils ont achevé leur carrière au milieu des années 50.

    La période sombre traversée par l'US Navy, ponctuée notamment par le suicide de l'Amiral Forrestal, prit fin lorsque, le 25 juin 1950, la Corée du Nord envahit la Corée du Sud en traversant le 38° parallèle. Il apparut clairement que seuls les porte-avions de l'US Navy pouvaient soutenir les troupes des Nations-Unies, barricadées dans le périmètre de Pusan. Les avions de l'USAF, particulièrement les Jets basés au japon, avaient trop peu d'autonomie pour intervenir efficacement au-dessus du champ de bataille. Aux USA, les porte-avions sont sortis des cocons dans lesquels ils attendaient depuis 1945, et sont équipés des derniers modèles d'avions qui allaient connaître leurs heures de gloire dans le ciel de la péninsule coréenne, souvent dans des conditions extrêmes. Le Grumman F9F "Panther" est le fer de lance de l'US Navy pendant tout le conflit, et se montre un excellent chasseur-bombardier et  avion d'attaque au sol. Son dérivé à ailes en flèche aura également une longue carrière opérationnelle.

   En-dehors des USA, la Grande-Bretagne, la France, le Canada et l'Australie développent également une aéronavale opérationnelle.

Porte-avions britanniques HMS "Eagle" et "Bulwark" (Sicile 1956)

Porte-avions britannique HMS "Albion" (1956)

 

   Les Britanniques sont ceux qui ont le plus apporté quant à la mise en service des Jets sur porte-avions. Ils ont notamment créé le principe de la catapulte à vapeur, sans lesquelles aucun Jet moderne ne pourrait décoller d'un pont. Les Britanniques, mettent en œuvre les Supermarine "Attacker", "Swift" et "Scimitar" et, comme leurs cousins Australiens, utilisent les De Havilland "Venom" et "Sea Vixen" et le nouveau chasseur-bombardier "Sea Hawk" produit par Hawker, alors que les Canadiens préfèrent le F2H "Banshee" américain. Après la Guerre de Corée, les Etats-Unis ne rééditent pas leur erreur de 1945, et l'US Navy se développe régulièrement. Ainsi, en 1956, entre en service le premier porte-avions à propulsion nucléaire, l'USS "Enterprise". Les missions se diversifient en même temps que de nouveaux avions plus rapides et plus performants viennent équiper ces géants des mers. Seul le vieux Douglas A-1 "Skyraider" résiste aux Jets grâce à la robustesse de sa cellule qui peut supporter des tonnes d'armements divers, et à son autonomie.

 

 

 

 

 

    Les Britanniques mettent en service au début des années 60 un nouvel avion qu'ils utiliseront pendant 30 ans, le HS "Buccaneer". Et ils innoveront une nouvelle fois en utilisant le premier VTOL Jet (Vertical Take Off and Landing), le HS "Harrier", que les Soviétiques s'efforceront de copier d'abord avec le Yak-36 "Freehand", puis le Yak-38 "Forger".

   Le troisième pays à utiliser une aéronavale importante est la France. La "Royale" utilise pour ses opérations en Indochine de vieux avions américains comme les Grumman "Avenger", "Hellcat" et "Bearcat" et le Chance Vought "Corsair", mais commence bientôt à mettre en service ses premiers Jets SO-203 "Aquilon", un dérivé construit sous licence du "Venom" britannique. Le seul bâtiment  moderne est l'Arromanches (ex HMS "Colossus), porte-avions léger donné en 1946 à la France par la Grande-Bretagne.

Porte-avions français "Béarn", "Arromanches" et "Foch"

    Après sa refonte en 1958 et la mise en service du "Clémenceau" et de son sistership le "Foch", la  Marine Nationale peut enfin commander des Jets modernes. La version navale du Fouga "Magister" entre en service pour l'instruction des pilotes, Dassault propose son "Etendard IV" au début des années 60, qui servira à l'attaque et à la reconnaissance, et il est décidé de commander à  Chance Vought des intercepteurs F-8E "Crusader" pour la chasse et la protection aérienne. Les "Cruze" ne seront retirés qu'à la fin des années 90, à l'entrée en service du Dassault "Rafale M". La Marine Nationale fait également appel à Dassault pour une évolution de son "Etendard IV". Ce sera le "Super-Etendard", qui deviendra célèbre sous les couleurs argentines pendant la guerre des Malouines en 1982.

   Quand les Etats-Unis s'impliquent dans la Guerre de Vietnam à la suite de l'incident du Golfe du Tonkin, c'est bien sûr l'US Navy et ses porte-avions qui sont sollicités lors des premières missions. Les Douglas "Skyhawk" et "Skyraider" mènent des missions d'attaque au sol sous la protection des  "Crusader." Les A-4 "Skyhawk" sont remplacés petit à petit par un nouvel appareil, le Grumman A-6 "Intruder", qui possède une avionique et des capacités d'emport supérieures, cependant qu'apparaît un nouveau chasseur-bombardier construit par Chance-Vought, l'A-7 "Corsair II", cousin du  "Crusader."

   Mais si lors des premières années du conflit, la supériorité aérienne fut américaine, la situation se détériora avec la mise en service du côté nord-vietnamien de nouveaux appareils d'origine soviétique. L'US Navy et l'USAF avaient besoin d'une sorte d'arme fatale, qui serait supérieure à l'ennemi. Ce sera le McDonnell F-4 "Phantom II". Le F-4 est capable d'assurer toutes les de tous les avions de l'inventaire de l'US Navy. Il supplante le "Crusader" comme chasseur de protection de la flotte, mène des raids de bombardement et assure des missions de reconnaissance photo. Le F-4 sera fabriqué à plus de 5000 exemplaires, et sera exporté massivement dans de nombreuses forces aériennes dans lesquelles il sert encore aujourd'hui en première ligne. Opérationnel pendant près de 40 années dans l'US Navy, il n'y sera remplacé qu'à l'arrivée du Grumman F-14 "Tomcat" au début des années 70, et plus tard du McDonnell/Douglas F/A-18 "Hornet". Il est le symbole de la polyvalence qui marquera les critères de choix pour un nouvel avion, et qui caractérisera tous les Jets qui le suivront, et ce partout dans le monde.

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