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LE JET EN FRANCE

   Au sortir de la deuxième guerre mondiale, la France est en ruine, que ce soit économiquement, militairement et politiquement. L'empire colonial de 1939 commence à se désagréger sous les coups des différents mouvements indépendantistes et, sur le plan européen, la France ne doit sa présence en Allemagne parmi les vainqueurs de la guerre qu'à la volonté de l'Angleterre de ne pas se retrouver isolée entre les 2 superpuissances en devenir que sont les Etats-Unis et l'Union Soviétique. Du point de vue militaire, quasiment tout le matériel en unité est d'origine étrangère, de la simple Jeep au bombardier lourd. Lorsque la guerre d'Indochine éclate en 1946, l'Armée de l'Air n'est plus que l'ombre d'elle-même et utilise même de vieux avions japonais récupérés sur place. Les principales sociétés de construction aéronautiques d'avant-guerre ont cédé le pas à de nouveaux consortiums "géographiques" et Marcel Bloch crée les "Avions Marcel Dassault" (patronyme tiré de son nom de résistant). Mais comme leurs homologues soviétiques et américains, les ingénieurs français ont accès aux archives secrètes ramenées de l'Allemagne vaincue. Et ainsi, relativement peu de temps après les autres grandes puissances, le premier Jet de conception française est prêt pour son premier vol : le Triton. Malgré ce succès expérimental, les premiers Jets opérationnels à voler sous les cocardes françaises sont des De Havilland DH 100 "Vampire", qui entrent en escadrille en 1948. Les pilotes sont formés au CEV de Mont-de-Marsan après le convoyage des avions depuis l'Angleterre. Par la suite, le "Vampire" et sa version navalisée le "Venom" seront fabriqués sous licence par Sud-Est Aviation (SE 535 "Mistral") et Sud-Ouest Aviation (SO 203 "Aquilon"). L'Angleterre fournit également des "Meteor" type NF 11 qui équiperont des escadrilles de reconnaissance et de chasse de nuit. Mais pour connaître un Jet opérationnel de conception entièrement française, il faut attendre 1949 et le MD 450, élaboré par Marcel Dassault. Avion d'un dessin classique, il est équipé d'ailes en flèche. Il aura du succès à l'exportation, et ne finira sa carrière opérationnelle qu'au milieu des années 80 au Salvador.

    Dès cette époque, la France peut bénéficier d'une Armée de l'Air très performante, dotée d'appareils révolutionnaires. Pendant toute la décennie des années 50, les constructeurs français vont proposer ne nombreux prototypes aux différents gouvernements de la IVème République. Certains de ces Jets formidables auraient pu donner à la France une avance technologique considérable sur d'autres nations. Malheureusement, les gouvernements qui se succèdent pendant la IVème République sont englués dans différentes guerres de décolonisation toujours plus onéreux (Indochine, Madagascar et surtout Algérie). Les bonnes décisions ne sont pas prises.

  

C'est ainsi que durant toutes les années 50 et 60, les escadrilles de l'Armée de l'Air et les flottilles de l'Aéronavale sont équipées en grande partie de matériel étranger. La chasse de nuit est assurée par les Armstrong-Whitworth "Meteor" NF-11 et, en vertu du MDAP, les Etats-Unis fournissent à la France des  Republic F-84E/G "Thunderjet", F-84F "Thunderstreak" et RF-84F "Thunderflash", des North American F-86 "Sabre Jet" et F-100 "Super Sabre". Ces derniers sont basés en Allemagne comme vecteurs d'armes nucléaires.

   L'Aéronavale, quant à elle, était dotée de "vieux" avions à hélice (F4U-7 "Corsair", F8F "Bearcat" ou Supermarine "Seafire"). Les seuls jets à disposition étaient des DH 110 "Venom", puis des "Aquilon" ("Venom" construits sous licence par la SNCASO).

   L'entraînement des futurs pilotes de Jet, longtemps effectué sur North American T-33, est désormais assuré par les Fouga CM 170 "Magister". En 1952, Dassault dérive de son "Ouragan" le premier Jet français transsonique, le "Mystère II", dont l'excellent "Mystère IV" est l'extrapolation. Le "Super Mystère B-2", qui s'illustrera sous les couleurs israéliennes, sera le dernier de cette famille d'avions, qui restent malgré tout assez conventionnels, bien que performants.

SO-4050 "Vautour"

   Lorsque la France se dote de la capacité nucléaire, le seul vecteur aérien disponible est le North American F-100 "Super Sabre". Dans sa volonté de plus en plus affirmée d'indépendance, l'Armée de l'Air décide de confier ses missions tactiques à son nouveau bombardier à réaction, le SNCASO SO 4050 "Vautour". Biplace polyvalent, le hurlement de ses réacteurs et sa silhouette trapue me fascineront lorsque, enfant, j'irais les voir évoluer sur leur base de Bordeaux-Mérignac.

La famille des avions "MIRAGE"

   Si le "Super Sabre" reste en escadrille jusqu'en 1980, la production nationale achève de prendre le pas sur les avions d'origine étrangère à partir du milieu des années 50, lorsque Dassault fait voler le premier Jet d'une famille d'avions formidables, les "Mirage". Les "Mirage I et II" ne sont que des bancs d'essai pour l'intercepteur bisonique "Mirage III", qui sera un succès industriel et commercial pour la France et pour les Avions Marcel Dassault. Exporté vers de nombreux pays où il connaît l'épreuve du feu, il est même transformé et amélioré en Israël ("Kfir") et en Afrique du Sud ("Cheetah"), et une version spécialement conçue pour l'exportation, le "Mirage 5/50".

    2 concepts sont expérimentés au milieu des années 60 : le vol vertical avec le Mirage III "V" (Balzac) et la géométrie variable avec le Mirage III "G". Mais ces formidables avions, pour des raisons techniques et budgétaires, ne passeront malheureusement pas le stade du prototype.

   En prévision du remplacement futur du Mirage III, l'Armée de l'Air passe commande du prochain chasseur polyvalent français, le "Mirage F1", qui se distingue de ses prédécesseurs par sa paire d'ailes hautes classiques, et de l'avion d'attaque franco-britannique SEPECAT "Jaguar". Mais la voilure delta se reverra tout de même sur le prototype du magnifique "Super-Mirage 4000", qui aurait pu devenir un concurrent redoutable pour les F-15 "Eagle" ou MiG-29 "Fulcrum".

   Très rapidement, le "Mirage IV", extrapolation biréacteur du "Mirage III", supplante les "Super Sabre" comme bombardier stratégique, pendant que l'aviation de liaison passe sur Jet avec le Morane-Saulnier MS 760 "Paris".

"Jaguar"

 
 

   L'Aéronavale se modernise également. Les Britanniques ont cédé à la France leur porte-avions HMS "Colossus", qui est rebaptisé "Arromanches" et reste en service jusqu'à la fin des années 60. Parallèlement sont mis en chantier 2 nouveaux bâtiments modernes, le "Foch" et le "Clémenceau", à bord desquels les flottilles doivent être équipées de matériel neuf. La formation sera assurée sur le Fouga "Zéphyr", dérivé du "Magister".

   Pour la défense rapprochée des groupes aéronavals, la configuration delta des "Mirage" leur interdit de fait de pouvoir assurer ce rôle. La France se tourne donc vers les Etats-Unis et Chance-Vought. Vought construit pour l'Aéronavale française 40 exemplaires d'une version spéciale du F8 "Crusader". Les missions d'attaque et de reconnaissance sont dévolues à l' "Etendard IV", puis plus tard à sa version amélioré, le "Super-Etendard", construits par Dassault.

   A la fin des années 60 et jusqu'au milieu des années 80, la France dispose donc d'un matériel de pointe, neuf et performant. Elle peut légitimement prétendre à figurer honorablement dans le concert des grandes nations mondiales, car elle dispose également d'une capacité nucléaire indépendante.

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