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L'ÂGE DU SUPERSONIQUE

 

Les "CENTURY FIGHTERS" de l'USAF

   L'augmentation de la puissance des Turboréacteurs et la compréhension des phénomènes qui accompagnent les vols à la limite du mur du son vont permettre la réalisation d'avions de plus en plus rapides. Aux Etats-Unis sort le premier des "Century Fighters", une famille de Jets extraordinaires. Le North American F-100 "Super-Sabre" peut voler à Mach 1,3 en palier, ce qu'aucun autre avion de série de l'époque n'est capable de faire.Il est suivi et même rapidement dépassé par le niveau de performances du nouveau chasseur de Convair, le F-102 "Delta Dagger". C'est le premier intercepteur à ailes delta du monde, directement issu des études menées par le Pr Alexander Lippisch pendant la deuxième guerre mondiale. Il évoluera pour devenir le F-106 "Delta Dart". Vers la même époque, McDonnell renoue avec le bimoteur et propose à l'USAF son F-101 "Voodoo". Cet avion peu médiatisé par rapport aux autres appareils de la série sera bien vite dévolu aux missions de reconnaissance et connaîtra une longue carrière. Le troisième "Century Fighter" est un avion extraordinaire, certainement un des plus beaux jamais construits. Né de l'imagination fertile de Clarence "Kelly" Johnson (père des Lockheed "Vega", "Lightning" et "Shooting Star"), le F-104 "Starfighter" est un intercepteur pur, un véritable missile piloté. Si son rôle au sein de l'USAF est resté mineur, il eut un gros succès à l'exportation grâce au premier "Marché du Siècle". Cette compétition entre le F-104, le "Mirage" français, le "Lightning" britannique et le "Draken" suédois permit à la grande majorité des armées de l'air de l'OTAN de se doter du "Starfighter". La qualité de sa conception fit que le "One-O-Four" était encore fabriqué  en Italie près de 40 années après son étude. Republic clôt la série des "Century Fighters" avec le F-105 "Thunderchief". Digne successeur du P-47 "Thunderbolt", le F-105 est un énorme chasseur-bombardier qui sera massivement utilisé au-dessus du Vietnam. Mais décimé par les premiers SAM, il sera remplacé par le redoutable McDonnell F-4 "Phantom II", qui connaîtra une carrière longue et mouvementée.

 

   Les Soviétiques, quant à eux, développent leur premier chasseur supersonique, le MiG-19 "Farmer". Il sera suivi par le célébrissime MiG-21 "Fishbed", que l'on retrouvera dans les cieux de tous les endroits "chauds" de la planète. Le Su-15 "Flagon" assure pendant 20 ans la défense des frontières de l'URSS, et sera remplacé par les MiG-23 "Flogger" et MiG-25 "Foxbat" dans les années 70.

   Quant aux Européens, les principaux constructeurs ne se laissèrent pas distancer par les Américains et les Soviétiques dans cette course à la vitesse et aux performances. Le chasseur phare de la Royal Air Force fut l'English Electric (futur British Aerospace) "Lightning". Concurrent malheureux du "Marché du Siècle", il défendit le ciel européen jusqu'à la fin des années 80 et l'arrivée du Panavia "Tornado".

   Les Britanniques innovèrent également en construisant un formidable avion expérimental, le Fairey "Delta", et surtout le premier Jet de combat "VTOL" (Vertical Take-Off and Landing) opérationnel, le Hawker "Harrier". Entré en service au tout début des années 70, cet engin extraordinaire équipe également la Royal Navy et l'US Marine Corps" (AV-8).

   Les constructeurs français, quant à eux, s'épuisèrent à construire quantité de prototypes novateurs, mais chacun rejeté par les dirigeants d'une IV° République frileuse et engluée dans de coûteux conflits coloniaux. Finalement, Marcel Dassault fit évoluer son "Mystère IV" pour en tirer le premier Jet supersonique européen, le "Super Mystère B-2". Puis ce fut l'AMD "Mirage III", intercepteur Mach 2 à aile delta, qui connut le succès que l'on sait et qui fut le grand exterminateur de "MiG- 21" au Moyen-Orient au cours de combats homériques au canon à des vitesses supersoniques. Des versions moins onéreuses conçues spécialement pour l'exportation sont développées, et seront construites en grand nombre : les Mirage 5 et 50. Le remplaçant du Mirage III sera le Mirage F1, qui, avec sa voilure haute, a la particularité de déroger aux ailes delta chères à Marcel Dassault. Pour l'attaque au sol et le bombardement tactique, Français et Britanniques s'unissent pour créer le SEPECAT "Jaguar", un avion rustique, mais très solide, qui fera ses preuves pendant la Guerre du Golfe.

   La photo ci-dessous illustre parfaitement un tarmac sur une base de l'OTAN au cours des années 60 et 70. Un "Mirage IIIC" de l'armée de l'Air côtoie un F-4 "Phantom II" de l'USAFE, un "Lightning" anglais, et des F-104 "Starfighter" canadien, espagnol, italien et allemand. Ces avions de toutes nationalités se retrouvaient également régulièrement pour des exercices organisés par l'OTAN, unis par leur insigne d'escadrille représentant un tigre : les "Tiger Meets".

Les "Gardiens du Ciel Européen"

   On pourrait seulement ajouter à ce panorama de "lampes à souder" un Northrop F-5 "Freedom Fighter" de l'Aviation Royale Norvégienne par exemple, et des Saab J-35 "Draken" suédois ou autrichiens et J/A-37 "Viggen".

   Tous les Jets ou presque de cette formidable époque ont connu le combat. A un degré ou à un autre, ils s'y sont magnifiquement comportés. Mais je ne peux clore cette petite revue des Jets véritablement imaginés par des ingénieurs faits de chair et de sang, et non de silicone et de puces électroniques sans mentionner 2 avions fabuleux créés par Kelly Johnson, le U-2 "Dragon Lady" et le SR-71 "Blackbird", qui sont les avions de reconnaissance les plus célèbres ayant jamais volé.

   Et puis vint la C.A.O., "Conception assistée par ordinateur". Avant de rendre nos routes et nos autoroutes peuplées d'automobiles clonées, elle avait contaminé le secteur aéronautique. Conjuguée à la fin des petits constructeurs au profit de multinationales gigantesques et à une chute des budgets militaires à la fin de la guerre froide, la production des Jets telle qu'on l'avait connue depuis 1945 jusqu'aux années 70 a pris fin. Aujourd'hui, des avions tel que le "Tornado" ou le "Mirage 2000" sont multi-rôles (interception, chasse, bombardement tactique, appui-sol et reconnaissance) et leur durée d'exploitation doit dépasser 30 années.

   En conclusion, je dirais seulement en ce qui concerne l'aéronautique militaire : "Les années 50 à 70, c'était la pire des époques, mais c'était la meilleure des époques".

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